L'AC Cobra, née en 1962 et produite en à peine 1.000 exemplaires, fait partie de ces autos qui ont marqué l'histoire de l'automobile d'une empreinte si forte qu'il suffit de prononcer son nom
pour avoir des frissons. Mais, comme le rappelle Rinsey Mills, son aventure commence bien avant, au sein de cette firme AC atypique, dirigée alors par les frères Hurlock et qui rêve de retrouver
une partie de son passé sportif. En 1953, elle acquiert ainsi la licence d'exploitation d'une voiture dessinée par John Tojeiro qui deviendra l'Ace et recevra un six cylindres AC... conçu au
début des années 20 ! On ne le sait pas encore, mais c'est la première pierre d'un édifice mythique qui est en train de se construire. L'auto, esthétiquement et techniquement réussie,
s'engage en compétition avec succès, courant notamment les 12 Heures de Sebring (le six cylindres AC y sera vite remplacé par un 2 litres Bristol, plus moderne et plus performant), Le Mans (en
1959, elle remporte sa catégorie)... L'événement majeur a cependant lieu au début des années 60, lorsque le pilote américain Carroll Shelby prend contact avec AC et convainct les anglais
d'équiper leur Ace d'un moteur V8 Ford. Le nouveau modèle porte le nom d'AC Ace Cobra et il reçoit sa mécanique et les personnalisations souhaitées par les clients sur le territoire américain, au
point que Shelby effacera progressivement les initiales AC pour rebadger ses autos à son propre nom. Si Rinsey Mills détaille chacune des étapes qui donneront naissance à cette auto à nulle autre
pareille, puis s'intéresse à son évolution, jusqu'à sa disparition à la fin des années 60, on a parfois du mal à y retrouver ses petits, les multiples histoires se télescopant au point que,
parfois, on frise la cacophonie.